Lettre de Monti au Corriere della Sera 30 Mars 2012

documento bilingue scaricabile (formato .doc) :

1-lettre-de-mario-monti-au-corriere-della-sera-1.doc 1-lettre-de-mario-monti-au-corriere-della-sera-1.doc

 Cette lettre a été citée largement dans l'émission "La rumeur du monde" sur la radio nationale FranceCulture le samedi 31 mars 2012. La voici avec notre traduction en français :

lettre de Mario Monti au Corriere della Sera (30 mars 2012)

(source : http://www.corriere.it/politica/12_marzo_30/monti-lettera-meriti-partiti_8d600a74-7a27-11e1-aa2f-fa6a0a9a2b72.shtml)

Une lettre de Mario Monti sur les polémiques apparues après son intervention : les partis politiques font preuve de sens des responsabilités. Les italiens de maturité.

Monsieur le Directeur de la Rédaction,

Je prends connaissance seulement maintenant du fait que certains des propos que j’ai exprimés dans une conférence tenue avant-hier à Tokyo au journal Nikkei ont suscité de vives réactions en Italie. Je le regrette beaucoup d’autant que ces considérations, exprimées dans le cours d’une longue intervention en anglais, avaient un objectif opposé à celui que, hors du contexte, il leur a été attribué. L’intention était en fait de souligner que, malgré une phase actuelle difficile, les forces politiques italiennes démontrent leur vitalité et leur capacité de  prendre en compte l’intérêt du pays.

Ma visite en Corée, au Japon et en Chine a pour but d’expliquer aux gouvernements et aux investisseurs asiatiques ce que l’Italie est entrain de réaliser afin de devenir plus compétitive et attrayant pour les investissements étrangers.

monti-in-giappone-marzo-2012-il-corriere.jpg Il presidente del Consiglio Mario Monti con il primo ministro  giapponese Yoshihiko Noda (Kajiyiama/Epa)

L’opinion commence à se répandre selon laquelle notre pays a su faire en quelques mois  en termes de réduction du déficit, de réforme des retraites et de libéralisations.

Mais il demeure une réserve, une perception erronée, un fort doute. La réserve, compréhensible, concerne le marché du travail. En quel délai le Parlement approuvera-t-il en effet la réforme proposée par le gouvernement ? La portée réformatrice de cette dernière sera-t-elle conservée dans son intégrité ou se verra-t-elle diluée ? La perception erronée a trait à la tendance à attribuer essentiellement au gouvernement « technique » le mérite des rapides changements en cours. Le doute appuyé découle de cette perception : il s’agit de la crainte que le nouveau cours des choses puisse être abandonné lorsque, après les élections législatives, il sera fait retour à des gouvernements « politiques ».

Tant que ne seront pas dissipés cette perception et ce doute, la phase actuelle sera considérée seulement comme une « parenthèse », tout au plus digne de quelque investissement financier à court terme. Alors les entreprises étrangères, du reste comme les italiennes, éprouveront des réticences à considérer l’Italie comme un lieu adapté à l’investissement et à la création d’emploi.

Modifier les opinions sur ces deux points n’est pas aisé. Mais je crois du devoir du Président du Conseil de chercher à le faire avec chaque interlocuteur. Les arguments que j’ai employés à Tokyo, correctement rapportés par les correspondants italiens présents sur les lieux mais « lus »  en Italie hors de leur contexte ont été les suivants :

Si depuis quelques mois l’Italie a emprunté  résolument la voie des réformes, on le doit en partie au gouvernement, mais on le doit aussi en grande part au sens des responsabilités dont font preuve les forces politiques qui, bien que caractérisées par de fortes divergences en matière de programme, ont su donner la priorité, dans une phase critique, à l’intérêt général du pays.

On le doit aussi  à la grande maturité des Italiens, qui ont su comprendre qu’il vaut la peine de supporter des sacrifices sérieux, pourvus qu’ils soient distribués avec équité, ceci pour éviter le déclin de l’Italie ou pire un sort analogue à celui de la Grèce.

Et après les élections ? me direz-vous. Certes les gouvernements « politiques » reviendront comme c’est naturel (même au Japon j’ai déclaré que l’auteur de ces lignes se retirera et que le « Montisme » n’existe pas !). Mais je considère que ce retour ne doit pas être vu comme un risque.

Les forces politiques sont impliquées dans une profonde réflexion en leur sein et, en concertation entre elles, elles travaillent à d’importantes réformes qui rendent le système politique et institutionnel moins lourd et plus fonctionnel.

J’ai de même exprimé la conviction que le comportement de ces forces politiques à l’issue de cette période, dont les principales d’entre elles sont de toute façon des acteurs décisifs que ce soit dans leur soutien au gouvernement ou dans le choix des orientations qu’il prend, ce comportement ne sera plus le même qu’avant. De fait  nous constatons –et les partis politiques aussi- que les italiens ont une meilleure conscience des nécessités, qu’ils sont prêts à exprimer du consentement à qui s’efforce d’expliquer la situation réelle du pays et leur demande de contribuer à l’améliorer.

J’ai confiance dans l’espoir, ai-je dit à Tokyo, que cette année soit celle d’une transformation du pays, non seulement sur le front de la consolidation de l’équilibre budgétaire ou en faveur  de la croissance et de l’emploi, mais aussi parce que les partis politiques se rendent compte que les italien sont bien plus mûrs que ce qu’ils pensaient : les gens paraissent apprécier une manière d’affronter les problèmes qui soit modérée et sans hurler. A l’appui de cette thèse, confiante dans la politique et indispensable pour redonner, à ceux qui nous aideront par leurs investissements à offrir du travail à notre jeunesse, la confiance envers l’Italie, j’ai rappelé que les sondages, qui sont certes des sondages, semblent jusqu’à maintenant relever l’existence d’un bon consensus envers le gouvernement bien que ce dernier soit contraint à  opérer des choix jusqu’ici considérés comme impopulaires.

Telle est la façon dont je m’emploie à présenter, à une partie chaque jour plus décisive de l’économie globale, une Italie qui se transforme, grâce à  l’énergie des politiques, des « techniciens » et surtout à celle de ses citoyens. Transformation qui se poursuivra même après le retour à un cours plus normal de la vie politique.

Mario Monti


Testo originale su il Corriere.it :

Mario Monti scrive sulle polemiche dopo il suo intervento: i partiti dimostrano senso di responsabilità. Italiani maturi

 Caro Direttore,


vedo solo ora che alcune considerazioni da me fatte in una conferenza tenuta l’altro ieri a Tokyo presso il giornale Nikkei hanno suscitato vive reazioni in Italia. Ne sono molto rammaricato, tanto più che quelle considerazioni, espresse nel corso di un lungo intervento in inglese, avevano l’obiettivo opposto a quello che, fuori dal contesto, è stato loro attribuito. Volevano infatti sottolineare che, pur in una fase difficile, le forze politiche italiane si dimostrano vitali e capaci di guardare all’interesse del Paese.

La mia visita in Corea, Giappone e Cina ha lo scopo di spiegare ai governi e agli investitori asiatici ciò che l’Italia sta facendo per diventare più competitiva, anche nell’attrarre investimenti esteri.

Comincia a diffondersi l’apprezzamento per ciò che il nostro Paese ha saputo fare in pochi mesi in termini di riduzione del disavanzo, riforma delle pensioni, liberalizzazioni.

Ma restano una riserva, una percezione errata, un forte dubbio. La  riserva, comprensibile, riguarda il mercato del lavoro. Con quali tempi il Parlamento approverà la riforma proposta dal governo? La sua portata riformatrice verrà mantenuta sostanzialmente integra o verrà diluita? La percezione errata è quella che porta ad attribuire essenzialmente al governo («tecnico») il merito dei rapidi cambiamenti in corso. Il forte dubbio discende da quella percezione: è il dubbio che il nuovo corso possa essere abbandonato quando, dopo le elezioni parlamentari, torneranno governi «politici».

monti-in-giappone-marzo-2012-il-corriere.jpgIl presidente del Consiglio Mario Monti con il primo ministro  giapponese Yoshihiko Noda (Kajiyiama/Epa)

Finché la percezione errata e il dubbio non saranno dissipati, la fase attuale verrà considerata come una interessante «parentesi», degna forse di qualche investimento finanziario a breve termine. Ma le imprese straniere, come del resto quelle italiane, saranno riluttanti a considerare l’Italia un luogo conveniente nel quale investire e creare occupazione.

Non è facile modificare le opinioni su questi due punti. Ma credo sia dovere del presidente del Consiglio cercare di farlo con ogni interlocutore. Gli argomenti che ho utilizzato a Tokyo, riportati correttamente dai corrispondenti italiani presenti, ma «letti» in Italia fuori contesto, sono stati i seguenti.

Se da qualche mese l’Italia ha imboccato risolutamente la via delle riforme, lo si deve in parte al governo, ma in larga parte al senso di responsabilità delle forze politiche che, pure caratterizzate da forti divergenze programmatiche, hanno saputo dare priorità, in una fase di emergenza, all’interesse generale del Paese.

E lo si deve anche alla grande maturità degli italiani, che hanno mostrato di comprendere che vale la pena di sopportare sacrifici rilevanti, purché distribuiti con equità, per evitare il declino dell’Italia o, peggio, una sorte simile a quella della Grecia.

E dopo le elezioni? Certo, torneranno governi «politici», come è naturale (perfino in Giappone, ho dichiarato che il sottoscritto sparirà e che il «montismo» non esiste!). Ma ritengo che ciò non debba essere visto come un rischio.

Le forze politiche sono impegnate in una profonda riflessione al loro interno e, in dialogo tra loro, lavorano a importanti riforme per rendere il sistema politico e istituzionale meno pesante e più funzionale.

Ho anche espresso la convinzione che il comportamento delle forze politiche dopo questo periodo, del quale le maggiori di esse sono comunque protagoniste decisive nel sostenere il governo e nell’orientarne le scelte, non sarà quello di prima. Infatti, stiamo constatando - anche i partiti - che gli italiani sono più consapevoli di quanto si ritenesse, sono pronti a esprimere consenso a chi si sforzi di spiegare la reale situazione del Paese e chieda loro di contribuire a migliorarla.

«La mia fiduciosa speranza - ho detto a Tokyo - è che questo sia un anno di trasformazione per il Paese, non solo sul fronte del consolidamento di bilancio, per la crescita e per l’occupazione, ma anche perché i partiti politici stanno vedendo che gli italiani sono molto più maturi di quello che pensavamo: la gente sembra apprezzare un modo moderato e non gridato di affrontare i problemi». A sostegno di questa tesi, fiduciosa nella politica e indispensabile per dare fiducia nell’Italia a chi deve aiutarci con gli investimenti, a offrire lavoro ai nostri giovani, ho ricordato che, per quel che valgono, i sondaggi sembrano finora rivelare un buon consenso al governo, che pure è costretto a scelte finora considerate impopolari.

In questo modo mi sto impegnando per presentare, a una parte sempre più decisiva dell’economia globale, un’Italia che si sta trasformando, grazie all’impegno di politici, «tecnici» e, soprattutto, cittadini. Trasformazione che proseguirà anche dopo il ritorno a un assetto più normale della vita politica.

Mario Monti

 

 

Date de dernière mise à jour : 31/03/2012

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×